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1 an

Les colères à un an : pourquoi votre tout-petit explose et ce qui aide

Quelque part entre le premier et le deuxième anniversaire, la plupart des parents découvrent une nouvelle version de leur enfant : celle qui se cambre pour refuser le siège auto, hurle parce que la banane n'est pas coupée comme il faut, et se jette par terre parce que vous avez fermé le placard. Cela peut sembler soudain et disproportionné. C'est aussi l'un des aspects les plus ordinaires de cet âge, et cela ne dit rien de votre façon d'élever votre enfant ni de son caractère. Ce que vous faites autour de ces moments compte bien plus que le fait de les arrêter.

Pourquoi cela arrive à cet âge

Un enfant d'un an ressent des émotions aussi fortes que n'importe qui, et n'a presque aucun outil pour les gérer. La frustration, la déception et la colère arrivent à pleine puissance, mais la partie du cerveau qui régule ces émotions, le cortex préfrontal, est encore à des années de bien faire ce travail. Votre tout-petit ne choisit pas de perdre le contrôle : les outils pour garder le contrôle ne sont pas encore construits.

Le langage complique les choses. À douze mois, la plupart des enfants ont quelques mots, et même à deux ans ils ne peuvent pas expliquer « Je voulais porter le verre tout seul » ou « Je n'avais pas fini ». Quand la seule façon de le dire est de le crier, une colère est une manière de communiquer, pas une provocation.

C'est aussi l'année où l'enfant découvre qu'il est une personne à part entière, avec ses propres envies. Il veut marcher, grimper, verser, choisir, et il le veut tout de suite. Ses ambitions devancent de loin sa coordination et son jugement, si bien qu'une grande partie de ce qu'il tente échoue ou est arrêté par un adulte. Chacun de ces moments est une petite collision entre vouloir et pouvoir.

Enfin, le corps plante le décor. Un tout-petit qui a faim, qui est fatigué, qui fait ses dents ou qui couve un rhume a la mèche beaucoup plus courte. Beaucoup de parents remarquent que les pires crises se concentrent dans l'heure qui précède le déjeuner ou la sieste, en fin d'après-midi, et pendant les transitions, comme quitter le square ou s'habiller.

Ce qui aide

Nommez l'émotion en quelques mots. Il ne s'agit pas de convaincre votre enfant de ne plus la ressentir, mais de lui donner un nom pour qu'elle devienne peu à peu quelque chose qu'il pourra dire plutôt que seulement exprimer par des gestes. Restez bref et reprenez un peu son intensité : « Tu es en colère. Tu voulais la cuillère. » Puis arrêtez de parler. Répéter calmement la phrase est plus utile que d'en rajouter.

Proposez deux choix qui vous conviennent tous les deux. Un enfant d'un an qui se sent bousculé toute la journée se battra pour tout ; un peu de contrôle fait baisser la tension. Les deux options doivent vous convenir et rester concrètes : « Le verre rouge ou le verre bleu ? » « Tu vas au bain à pied ou je te porte ? » S'il refuse les deux, choisissez pour lui avec douceur et passez à la suite. La proposition elle-même fait une grande partie du travail.

Restez proche et calme plutôt que de chercher à réparer. En pleine crise, votre enfant ne peut absorber ni raisonnement, ni marchandage, ni conséquences. Ce qu'il peut absorber, c'est le message qu'une grosse émotion ne vous a pas fait fuir. Asseyez-vous ou accroupissez-vous près de lui, parlez doucement, et laissez passer la vague. S'il veut être pris dans les bras, prenez-le ; s'il vous repousse, restez dans la pièce et dites : « Je suis là quand tu veux. » Une fois la crise passée, retrouvez-vous avec un câlin ou un petit jeu. Inutile de revenir dessus.

Anticipez les déclencheurs prévisibles. À cet âge, la plupart des colères ne sont pas dues au hasard. Si les transitions sont difficiles, prévenez d'une façon qu'un enfant d'un an peut comprendre : « Encore deux toboggans, et on rentre », puis comptez les toboggans à voix haute. Si la faim revient souvent en cause, ayez un en-cas sur vous et proposez-le avant que les pleurnicheries ne commencent, pas après. Si les après-midi dérapent, protégez la sieste et prévoyez des activités plus calmes à ce moment-là. Moins de collisions, c'est moins de colères, et ce n'est pas tricher.

Utilisez la diversion et la redirection. À un an, l'attention est courte, et c'est une chance. Un enfant qui s'énerve parce qu'il ne peut pas avoir votre téléphone peut souvent être détourné par un changement de décor ou un nouvel objet présenté avec un vrai enthousiasme : « Oh, regarde le camion-poubelle dehors ! », ou en lui tendant une cuillère en bois et une casserole. Cela marche mieux tôt, avant que la crise ne soit vraiment là, et cela devient beaucoup moins fiable vers deux ans : profitez-en tant que ça marche.

Tenez la limite, avec bienveillance. Certaines colères éclatent parce que vous avez dit non, et la réponse doit rester non. Vous pouvez faire preuve à la fois de compréhension et de fermeté. Si votre enfant tape ou lance des objets quand il est frustré, arrêtez sa main doucement et dites : « Je ne te laisse pas taper. Tu peux taper des pieds. » Puis joignez le geste à la parole en le déplaçant ou en retirant l'objet, sans sermon. L'objectif est que la limite reste la même les bons comme les mauvais jours : c'est ce qui la rend rassurante.

Ce qu'il vaut mieux éviter

Expliquer longuement en pleine crise. Quand un enfant hurle, les mots « parce que c'est dangereux, et souviens-toi de la dernière fois » ne l'atteignent pas. Les longues explications ont tendance à prolonger la colère et à vous laisser encore plus à bout. Gardez la phrase pour après, ou laissez tomber.

Punir un enfant d'un an pour une colère. Entre douze et vingt-quatre mois, un enfant n'est pas capable de la maîtrise de soi qu'une punition suppose. Le coin, les cris et le retrait d'affection n'apprennent pas à un enfant de cet âge à se réguler ; ils lui apprennent surtout que les grosses émotions font partir la personne qui le rassure. Poser calmement une limite à un comportement, comme taper, n'a rien à voir avec punir une émotion.

Céder de temps en temps. Si une crise à la caisse fait obtenir les bonbons le mardi mais pas le jeudi, votre enfant apprend qu'insister plus fort et plus longtemps peut marcher. Ce n'est pas de la manipulation : c'est ainsi que l'on apprend, à tout âge. Il est bien plus simple pour tout le monde de dire « oui » franchement dès le départ, ou de tenir un « non » jusqu'au bout, que de changer d'avis en cours de route.

Humilier ou étiqueter. « Arrête de faire le bébé », « Tu es vilain », ou rire d'une crise disent tous à l'enfant que l'émotion elle-même est inacceptable. À un an, il ne peut pas encore séparer ce qu'il ressent de ce qu'il est.

Sortir un écran à chaque fois. Une vidéo arrête vite une colère, et c'est justement pourquoi elle devient le réflexe. Utilisée comme solution systématique, elle prive votre enfant de l'entraînement dont il a besoin pour traverser une émotion avec votre aide, et peut rendre la colère suivante plus probable au moment où l'écran s'éteint.

Quand demander de l'aide

Les colères de la deuxième année sont normales, y compris plusieurs par jour pendant les semaines difficiles. Parlez-en à votre pédiatre, à votre médecin traitant ou à la PMI si :

Si vous craignez un jour que vous ou votre enfant soyez en danger immédiat, contactez les secours (15 ou 112).

Sources

Ce guide est une information générale et ne remplace pas un avis médical ou psychologique. Si vous êtes inquiet pour votre enfant, parlez-en à un médecin ou à un autre professionnel.